Base moléculaire de la pathogénicité virale

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Projets et financements

Orientation scientifique.

L’émergence ou la réémergences de maladies virales zoonotiques représente une menace majeure pour la santé humaine. L’évolution actuelle de nos sociétés aggrave encore les risques de telles menaces. La déforestation et la destruction des habitats naturels augmentent la probabilité de rencontres entre l’homme et les animaux sauvages et ainsi de transmission d’infections zoonotiques. L’apparition récente du virus Ebola dans des pays d’Afrique de l’Ouest, jusque-là non touchés, a provoqué l’infection de plus de 28 000 personnes, environ 11 000 décès et une dégradation de l’économie de ces pays. Plus de 800 agents de santé, y compris ceux des pays développés, ont été infectés au cours de cette épidémie et environ 60% d’entre eux sont décédés.
Les filovirus et les henipavirus appartiennent à une courte liste de virus qui peuvent être considérés comme des menaces en suspend pouvant provoquer une pandémie humaine mortelle et, à ce titre, sont classés comme agents pathogènes de niveau de biosécurité 4 (BSL-4). Ces deux groupes de virus sont très susceptibles de ré émerger à l’avenir à partir de réservoirs sauvages ou via des récurrences à long terme chez les patients infectés précédemment.

Les taux d’erreur élevés des polymérases des virus à ARN leur confèrent une capacité unique à évoluer rapidement et ainsi à s’adapter rapidement à un nouvel hôte. Nos résultats précédents révèlent un potentiel pour ces virus à améliorer rapidement leurs taux de réplication dans différents hôtes animaux grâce à l’acquisition de mutations adaptatives. Il convient de noter que les chaines de transmissions inter humaines du virus Ebola chez l’homme au cours de l’épidémie en Afrique de l’Ouest ont également révélé l’apparition de mutations adaptatives spécifiques à l’espèce humaine.
Ainsi, parce qu’il existe un risque important que le virus se propage dans les zones urbaines à forte densité de population, et en raison de l’absence d’un traitement spécifique approuvé pour l’usage humain, une meilleure compréhension de la base moléculaire de la haute pathogénicité est devenue une priorité. Une autre question pertinente à laquelle il reste à répondre est de savoir pourquoi les humains sont si vulnérables et incapables de faire face à l’infection.
Notre programme scientifique poursuivra les axes de recherche développés au cours de la dernière période. Le succès des recherches menées par notre équipe, prouvé par un certain nombre de publications importantes, nous permet de cibler les principales bases de haute pathogénicité telles que (I) la capacité de se répliquer à titres viraux élevés dans des cibles cellulaires multiples, (ii) échapper aux défenses immunitaires innées par le biais de multiples mécanismes induits par le virus, (iii) la capacité de détourner les facteurs et les mécanismes de l’hôte pour faciliter la réplication du virus et, (iv) le re-paramétrage par le virus de l’homéostasie cellulaire et notamment dans les systèmes de défense de l’hôte, provoquant ainsi potentiellement une réponse excessive mais inadéquate de l’hôte à la réplication virale .
Pour fournir de nouvelles informations sur le dysfonctionnement induit par ces virus, nous combinons la génétique inverse, avec des expériences in vitro et cellulaires ainsi que la description moléculaire de certaines protéines virales. Une compréhension basée sur la structure des mécanismes par lesquels les protéines virales affectent et détournent les mécanismes des cellules hôtes impliqués dans la défense antivirale sera combinée à une analyse approfondie des échantillons prélevés à partir de modèles animaux expérimentaux récemment développés dans notre laboratoire. Ainsi, nous voulons lutter contre ces agents pathogènes et créer par nos recherches de nouvelles opportunités pour développer des approches thérapeutiques innovantes.

Les principaux thèmes de recherche liés à notre concept de haute pathogénicité seront centrés comme suit sur:
a) le virus Ebola et le rôle de la protéine structurale VP24; homéostasie du stress oxydatif – réponses antioxydantes
b) Analyse structure-fonction des protéines codées par le gène P du virus Nipah; le phénomène de surimpression des gènes

 

Collaborations

Intra-CIRI
– Branka Horvat « Immunobiologie des infections virales »
– Andrea CIMARELLI « Interaction hôte-pathogène lors de l’infection lentivirale »
– Vincent LOTTEAU « Biologie cellulaire des infections virales »
– Sylvain BAIZE « Unité de Biologie des infections virales emergentes »
– Marlène DREUX « Traffic Vésiculaire, Réponse Innée et Virus »
– François-Loïc COSSET « Virus enveloppés, Vecteurs et Immunotherapie »
– Thierry WALZER « Immunité innée dans les maladies infectieuses et auto-immunes »